Wednesday, April 26, 2006

Faut-il brûler la presse française ?

S’il est admis que brûler les livres est un sacrilège, qu’en est-il de la presse ? Et de la presse française en particulier ?
A la lecture des messages e-mail postés sur les sites de discussion d’un journal comme Le Figaro, on se rend vite compte en effet qu'il devient légitime de se poser la question. Depuis quelques jours que je parcours les différents thèmes du forum du Figaro, j’y vois fleurir les prises de position les plus extrémistes, les commentaires de mauvaise foi ou agressifs, voire à la limite de l’injure, les raisonnements les plus abscons menant dans des impasses idéologiques, jusqu’à des thèses négationnistes sur le 11 Septembre 2001 ; et ceci dans des domaines aussi variés que la pornographie à la télévision, la légalisation des drogues douces, l’écologie, le terrorisme international, l’extrème-droite, la politique française, et même le sport !
La lecture de tous ces commentaires me plonge dans un profond désarroi. Je découvre avec stupeur que des formes d’esprits relictuels du Moyen-Age sont encore vivants chez nous au 21ème siècle.
Alors, comment a-t-on pu en arriver là ?
Au risque de tomber dans un cliché un peu usé, j’accuse une fois de plus la caste « politico-médiatique ». Il semble évident en effet qu’à l’heure d’Internet, notre société dite de « communication » éprouve les plus grandes difficultés à faire dialoguer entre elles ses différentes composantes. Ce serait plutôt la société de l’ignorance et de l’incompréhension qui mène à la division et à l’exclusion. Complice de ce statu-quo, la caste dominante pense certainement pouvoir prospérer encore de nombreuses années en maintenant globalement le peuple dans une ignorance crasse et en laissant cohabiter entre eux autour d’une sorte de « consensus mou » des groupements aux intérêts divergents alors que son rôle serait au contraire de rassembler et de fédérer en fixant des lignes directrices et en prenant position sur les questions les plus complexes. Ainsi, dans cette société en manque de repères, les violences identitaires de toutes sortes se font jour : les chasseurs, les viticulteurs, les buralistes, les dealers de banlieue, les supporters de foot, voire même les politiques eux-mêmes dont certains, à l’instar de J. Lassalle, sont parfois tout aussi désorientés que les citoyens lambdas.
Aujourd’hui, j’ai bien envie de sélectionner un échantillon des répliques les plus farfelues du forum du Figaro et d’envoyer un avertissement à la presse française : attention tout cela finira mal ! Ou encore de réaliser une synthèse sous forme de livre « à la Morandini » dont le titre pourrait être : « Citoyens réagissez, votre avenir est en danger ! ». L’incendie de la presse française sonnerait le glas de la caste politico-médiatique actuelle et le phénix n’étant qu’une légende, nous pourrions espérer qu’une presse nouvelle et qu’une société nouvelle surgissent des cendres de ce fatras.

Saturday, April 22, 2006

J'ai fait un rêve ...

Hier soir je me suis endormi en rêvant du mot écologie. Je me suis revu gamin, écoutant admiratif les conférences de Paul-Emile Victor et de Christian Zuber et leur demandant un autographe à la sortie de la salle des fêtes de ma petite ville natale, pauvre et ouvrière mais gaie et bien vivante, je me suis revu m’endormant dans mon petit lit en rêvant de grands espaces …
Grâce à eux, quelques années plus tard, j’ai vu la Mouette ivoire sur les carcasses de morse dans le Grand Nord Canadien, le Moineau blanc sur les crottes de dromadaire aux portes du Sahara, le Grand Dauphin jouant dans l’étrave du bateau aux Iles Chausey, les Pygargues à queue blanche survolant les lacs scandinaves, l’Arlequin nageant dans les rivières d’Islande, les yeux vitreux des Bisons dans la dernière forêt vierge d’Europe, les dizaines de milliers de Rapaces en migration aux Détroits d’Eilat et de Gibraltar, …
Puis d'un coup la réalité est revenue au grand galop. J’ai vu les visages de Mamère, Pocrain et Cohn-Bandit à la télé, les noms de Voynet et Contassot sur les bulletins de vote, j’ai entendu la voix de Cochet à la radio. Et le rêve s'est transformé en cauchemar.
Où sont donc passés les grands esprits de ma jeunesse, les Dumont, Zuber, Victor, Cousteau et autres Bombard ? Disparus.
Alors je fais un rêve, je fais un rêve d’un parti écologique ni de droite ni de gauche qui n’ait pour but que de servir l’homme en protégeant son environnement. Pour que l’humanité assiste sereinement à l’extinction de l’astre solaire dans 4 milliards d’années, en se disant : oui j’ai vécu et j’ai bien vécu.

Wednesday, April 19, 2006

Mondial 2006: le rendez-vous de tous les dangers ?

Le prochain Mondial 2006 en Allemagne s'annonce comme le rendez-vous de tous les dangers.
Les tensions avec le monde arabo-musulman sont à leur paroxysme:
- armement nuclaire de l'Iran avec menace de frappes américaines en représailles;
- visite annoncée de façon provocante du président iranien en Allemagne qui s'attend de toute évidence à un refus, ce qui ne manquera pas d'aviver la haine anti-occidentale dans son pays;
- prise de pouvoir du Hamas en Palestine avec altercations entre Europe, Etats-Unis et pays du Moyen-Orient pour l'arrêt du financement de l'aide au développement;
- procès de Moussaoui aux Etats-Unis qui se terminera vraisemblablement par la peine de mort;
- et toujours le bourbier irakien qui traine en longueur ...

Si les autorités allemandes ne réalisent pas un magistral coup de filet avant le coup d'envoi du premier match (comme la France en 1998), ca risque d'être chaud, chaud, chaud ...
Espérons qu'après Madrid 2004, Londres 2005, il n'y ait pas de Berlin 2006 !

Tuesday, April 18, 2006

Jean Lassalle: l'inutile combat d'un fada amoureux ?

Après 39 jours de jeun, Jean Lassalle maire d'Accous (UDF) vient de cesser sa grève de la faim: c'est un grand ouf de soulagement ! Car il a bien failli laisser une veuve avec 4 enfants derrière lui.
On ne peut que se réjouir pour sa santé, mais ce "combat" pose plusieurs questions:
- comment le gouvernement a-t-il pu laisser un député mener ainsi une grève de la faim à l'Assemblée Nationale pendant presque 40 jours ? Sans parler des répercussions à l'étranger et notamment au Japon qui a moyennement apprécié cette mascarade, cela ne donne pas une bonne image de la politique dans l'opinion publique française. Depuis "l'affaire" du CPE, on savait que De Villepin était sourd, mais à ce point là, serait-il également mal-voyant ? Un député n'a-t-il pas d'autres moyens moins "extrèmes" de se faire entendre ? Et n'est-ce pas justement son rôle d'entrer en communication avec les "sphères du pouvoir" et d'éviter à des citoyens "lambdas", si souvent désemparés devant des décisions nationales qu'ils jugent injustes, d'avoir recours à des actes violents ? Cela ne va-t-il pas créer un "précédent facheux" ?
- de plus, si Jean Lassalle voulait défendre la vie dans sa vallée, a-t-il réellement choisi le bon dossier ? Interviewé par la presse, il a justifié son action parce qu'il constate impuissant jour après jour le départ des petits commercants de sa commune, ainsi que celui des médecins et des services publics comme l'école ou la poste. Mais en ce qui concerne Toyal, il s'agit là d'une entreprise privée qui suit une stratégie industrielle. Si cette entreprise a voulu partir à Lacq pour assurer son avenir et créer un centre de recherche (7 emplois potentiels au démarrage), c'est qu'elle pensait que la vallée d'Aspe était trop étroite, trop éloignée des voies de communication pour assurer son développement. De plus, fait très important, il s'agit d'une entreprise chimique qui pollue horriblement. Comme le précise le maire de Lacq (PS) interviewé sur Europe 1, répondant à la directive Seveso, Toyal n'avait d'autre choix que de "déménager" (et non "délocaliser" car il y a 65 km de distance) à Lacq afin de respecter les normes environnementales.
Obéissant probablement à une émotion bien légitime, Jean Lassalle s'est certainement laissé aller à écouter son coeur. Personne ne peut lui en vouloir d'éprouver des sentiments amoureux envers son pays. Mais pourquoi son entourage familial, professionnel et politique ne lui a-t-il pas indiqué le bon chemin, la bonne voie ? L'incompétence serait-elle une maladie contagieuse à ce point répandue de l'Elysée à l'Assemblée Nationale en passant par Matignon ? Quelle tristesse, et pauvre France ...

Monday, April 17, 2006

PSG à prendre ou à laisser: fallait pas hésiter !

Pour le moins curieux et rocambolesque cette vente éclair du PSG !
Début 2006, Canal+ propriétaire du club juge les résultats sportifs insuffisants et fait pression sur le président pour qu'il limoge l'entraineur Laurent Fournier ... pourtant sauveur de la saison 2004-2005 qui aurait pu se terminer ... en Ligue 2 !
On se dit que Canal+ recherche l'excellence et croit toujours au club !
Patatras ! Il a suffi d'un match calamiteux contre la réserve de l'OM pour qu'un branle-bas de combat s'installe dans les bureaux feutrés de Canal+ ! Devant une telle déroute et une telle humiliation, l'actionnaire ne sait plus que faire et est bien obligé de reconnaitre son incompétence, sportive en tout cas.
Il faut donc vendre le club au plus offrant.
Nul en sport, Canal+ serait-il aussi nulle en affaire ?
L'achat des droits télévisés de la Ligue 1 pour 600 millions d'euros avait déjà fait rire plus d'un paysan français qui a la tête sur les épaules. Encore faut-il qu'il s'intéresse au foot et qu'il arrive à se représenter une telle somme ! Enfin, on peut le rassurer pour voir le spectacle du championnat de France, cela revient à acheter 20 théatres de guignols régionaux à 200 millions de francs pièces. Eh oui Marcel ca fait cher la marionnette !
Ainsi la vente du PSG se conclut en quelques jours ! Un premier acheteur est vite supplanté par un second surgit de nulle part. Mais ce dernier a raison car le prix demandé est ... ridiculement faible ! 41 millions d'euros ! Cela représente seulement le transfert de Pauleta, "capitaine des marionnettes". La vente de tous les joueurs (tous les "actifs") atteindrait donc facilement 3 ou 4 fois cette somme (sauf s'ils se cassaient tous une jambe en même temps, fait hautement improbable). Et bien je dis bonne affaire pour le gagnant du gros lot ! A prendre ou à laisser: fallait pas hésiter !

De là à penser que Canal+, qui voyait poindre des tourments judiciaires à l'horizon avec les derniers interrogatoires des anciens présidents comme Perpère, a voulu se mettre à l'abri des poursuites ...
Cela rappelle étrangement le changement du RPR en UMP: du passé faisons place nette, au diable les petits juges, et en avant la musique !

Sunday, April 16, 2006

Au Canada, la chasse aux bébés phoques continue !

Le gouvernement canadien veut poursuivre la chasse aux bébés phoques jusqu’en 2010. Il a annoncé pour l’année 2006 un quota de 325 000 bébés phoques.

Durant les 3 dernières années, un million de ces créatures innocentes ont été massacrées dans des conditions atroces.


Les jeunes de trois semaines, qui ne peuvent pas fuir, sont assommés à coup de gourdin et dépecés sur place, sous les yeux des autres phoques… Les mères restent parfois plusieurs jours à côté des cadavres de leurs petits que les chasseurs abandonnent sur la banquise après avoir pris la peau et la graisse.

Le réchauffement climatique empêche la formation de la banquise et augmente la mortalité des jeunes de 75%. Les monstrueux quotas de chasse viennent aggraver cette situation dramatique.
Pour justifier l’injustifiable, le gouvernement canadien et les pêcheurs accusent les phoques d’être responsables de la disparition des morues. Cette accusation est mensongère ! La diminution des populations de morues n’est pas due aux phoques mais à la pêche industrielle qui épuise les stocks de poissons.

Brigitte Bardot se bat depuis 1977 pour que cesse la carnage des bébés phoques. En mars, elle s’est à nouveau rendue au Canada pour demander l’arrêt de la chasse.Elle avait auparavant remis à l’ambassade du Canada une pétition de plus de 200.000 signatures. En France, la fondation Brigitte Bardot se bat pour faire interdire l’importation de produits dérivés du phoque, comme cela est déjà le cas en Italie.

Source: l'Info-Journal- Fondation Brigitte Bardot - Avril 2006

Dernièrement, le 1er Ministre canadien Stephen Harper a refusé de recevoir Brigitte Bardot qui s'était pourtant déplacée de France spécialement pour le rencontrer !

Aujourd'hui l'action de la Fondation se porte sur l'Union Européenne afin qu'elle interdise les produits dérivés de cette chasse sur le territoire de l'Union.

"La chasse aux phoques canadienne, qui n'a aucune justification rationnelle, viole tous les principes éthiques que l'humanité civilisée s'est donnés ces dernières décennies. Je condamne ces massacres avec la dernière vigueur et ne pourrais que saluer une décision de l'Union européenne visant à interdire toute importation de produits quels qu'ils soient dérivant de cette chasse". Paulo Casaca - Député européen - Pdt de l'Intergroupe Protection des espèces

Pour en savoir plus: site de la fondation Brigitte Bardot: http://www.fondationbrigittebardot.fr

Pour signer la pétition pour arrêter cette chasse infâme: http://www.thepetitionsite.com/takeaction/263683224?ltl=1145211164

Tuesday, April 11, 2006

Ma sélection des bleus pour le Mondial 2006 !

C'est bien connu, il a 60 millions de sélectionneurs en France ... et j'en fait partie !
Ma sélection:
Gardiens:
Barthez (O. Marseille), Coupet (O. Lyonnais), Ramé (G. Bordeaux)
Domenech's one:
Gardiens: Barthez (O. Marseille), Coupet (O. Lyonnais), Landreau (Nantes)
Commentaire: Bravo pour avoir résisté aux pseudo-sondages infames qui placaient Coupet en tête, en tête de quoi on se le demande. Le football français ne se limite pas (encore) à Lyon ! Par contre, pourquoi avoir pris Landreau ? Ramé a fait une meilleure saison et son équipe termine 2è du championnat et meilleure défense de L1 alors que Nantes est dans les choux ... Landreau chouchou de Domenech, c'est tout !

Défenseurs: Sylvestre (Manchester U.), Thuram (Juventus Turin), Gallas (Chelsea FC), Sagnol (Bayern Munich), Boumsong (Newcastle FC), Déhu (O. Marseille), Abidal (O. Lyonnais)
Domenech's one:
Défenseurs: Sylvestre (Manchester U.), Thuram (Juventus Turin), Gallas (Chelsea FC), Sagnol (Bayern Munich), Boumsong (Newcastle FC), Givet (Monaco), Abidal (O. Lyonnais), Chimbonda (Wigan Atletics)
Commentaire: là encore, on est d'accord à 75%. Les surprises viennent de Givet: il a marqué un superbe but CSC lors de la dernière journée de championnat pendant que Déhu se montrait "capitaine courage" à Bordeaux avec Marseille pour essayer d'accrocher une troisième place à 10 contre 11; et de Chimbonda: d'où il sort celui-là ? Son équipe termine dans le ventre mou du championnat anglais en ayant encaissé 52 buts, soit autant que Ajaccio, Metz et Strasbourg qui descendent toutes en Ligue 2 ! Si le championnat anglais était réputé pour ses défenseurs ca se saurait quand meme ! Mais bon, ce seront de toute façon des seconds couteaux, qui n'entreront sur la pelouse que lors du match contre le Togo, si celui-ci n'est pas décisif, on ne va se battre là-dessus ...

Milieux: Viera (Juventus Turin), Makelele (Chelsea FC), Zidane (Real Madrid), Pires (Arsenal), Giuly (Barcelone FC), Micoud (Werder Breme), Rothen (Paris Saint Germain)
Domenech's one:
Milieux: Viera (Juventus Turin), Makelele (Chelsea FC), Zidane (Real Madrid), Dhorasso (Paris Saint Germain), Malouda (O. Lyonnais), Diarra (Lens FC)
Commentaire: là c'est plutot catastrophique comme sélection: tout est construit autour de Zidane. S'il se blesse comme en Corée en 2002 (et en plus on rencontre de nouveau cette équipe de brutes et de découpeurs en poule ... ca promet !) ou s'il s'épuise pour qualifier l'équipe dans un match de prestige comme en 2004 contre l'Angleterre, l'équipe est fichue. Car ce n'est pas Dhorasso (même si je suis fervent supporter du joueur en tant que Normand !) qui sera capable d'animer le jeu tout seul. Il aurait fallu prendre au moins un des trois joueurs Micoud, Pires ou Giuly. Pires me semblait évident: présent en 1998 et complémentarité avec Titi Henry à Arsenal !), mais il doit certainement continuer à payer son signe astrologique de Scorpion ... incompréhensible !

Attaquants: Trézéguet (Juventus de Turin), Henry (Arsenal), Saha (Manchester U.), Anelka (Fenerbace), Cissé (Liverpool FC), Wiltord (O. Lyonnais)
Domenech's one:
Attaquants:
Trézéguet (Juventus de Turin), Henry (Arsenal), Saha (Manchester U.), Ribéry (O. Marseille), Cissé (Liverpool FC), Wiltord (O. Lyonnais)
Commentaire: on est d'accord à plus de 80% ! Seul "hic": Ribéry: il a éliminé à lui tout seul l'OM en coupe UEFA contre St Petersbourg (!) en prenant un rouge pour avoir durement taclé les adversaires et pour avoir insulté l'arbitre ! Son caractère est pour le moment incompatible avec des matchs de haut niveau. S'il s'énerve déjà contre des Russes, alors contre des Sud-Américains, bonjour l'angoisse !

Et voilà, avec ca on devrait gagner la Coupe et éviter de se taper la honte à domicile contre la Slovaquie ! (Et Raymond, t'as pas les boules ? Pense moins à Estelle et plus au ballon !)

Commentaire général:
Meme si je suis d'accord à 70-80% avec la sélection, l'équipe mise trop sur Zidane en milieu de terrain: ca passe pour les éliminatoires car les matchs sont espacés et il a le temps de récupérer et de se préparer. Pour la Coupe du Monde où les matchs sont rapprochés et de très haut niveau: on va dans le mur. On ne devrait donc pas dépasser les quarts de finale. Sur le papier, Brésil, Argentine, Angleterre, Hollande, Espagne, Allemagne, Italie et Portugal sont devant nous. Il faut espérer un miracle "Zidanesque" pour aller plus loin. Pour ma part, je serai supporter ... de l'équipe d'Angleterre ! (Et oui, Normands et Anglais sont les meilleurs ennemis du monde !).

Et dans les 30:
Défenseurs: Mexès (AS Roma), Armand (Paris Saint Germain), Reveillère (O. Lyonnais)
Milieux: Dhorasso (Paris Saint Germain), Malouda (O. Lyonnais), Ribéry (O. Marseille), Dacourt (AS Roma)

Monday, April 10, 2006

Non à la privatisation des services publics ! Oui aux entreprises citoyennes !

Sous l’impulsion de l’Union Européenne, mais sous le regard amusé des Etats-Unis, référence s’il en est du libéralisme économique, de grandes manœuvres sont en cours en ce moment dans différents pays afin de privatiser de grands secteurs publics comme les transports ou l’énergie. Le scepticisme américain à cet égard devrait nous amener à être circonspect et à réfléchir.

Les principaux arguments avancés par les promoteurs de ces projets pharaoniques sont d’une part la « création de richesse » et d’autre part l’amélioration du « service au consommateur ».

Sur le premier point, la création de richesse, il est certain que le passage d’un service public au privé dope l’économie d’un pays. La privatisation d’une entreprise publique ou le transfert des moyens de gestion à une entreprise privée existante génère effectivement de fortes rentrées d’argent pour un Etat.

Sur le second point, le service au consommateur, le citoyen s’y retrouve également car il n’est plus traité comme quelqu’un qui doit « faire la queue au guichet en attendant son tour comme tout le monde », mais comme un client. Et si l’entreprise est mise en concurrence, le client a la liberté de changer de fournisseur s’il n’est pas satisfait du service rendu.

L’Etat s’est enrichi, l’entreprise génère des bénéfices et en reverse une partie à l’Etat et le citoyen est traité avec le respect du à un client. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes !

Cependant, à la lumière de l’évolution de l’économie actuelle et de la « mondialisation », ces arguments théoriquement indiscutables deviennent malheureusement largement discutables à long terme. Et nous pouvons d’ores et déjà observer des signes avant-coureurs autour de nous.

En effet, prenons comme exemples l’eau et le téléphone dans notre pays. En réalité, ces secteurs d’activité sont tellement complexes (c’est d’ailleurs pour cela que l’Etat s’en est chargé initialement lors de la reconstruction du pays après la guerre par exemple) qu’ils nécessitent des investissements importants et une « force de frappe » (en termes de ressources financières, matérielles et humaines) tellement grande que peu d’entreprises en France, en Europe voire dans le monde sont aujourd’hui capables de les gérer. Ainsi, il existe principalement 3 fournisseurs d’eau en France ainsi que 3 compagnies de téléphone (les bénéfices colossaux des premières ayant d’ailleurs permis la création de ces dernières) . Or, il faut un minimum de 4 à 5 entreprises pour que des appels d’offres ne soient pas « arrangés d’avance ». A 3, les commerciaux et les dirigeants des entreprises se connaissent tous et se tapent dans la main en se répartissant les marchés. Les prix annoncés sont donc complètement truqués et le consommateur est le dindon de la farce : il continue à payer un prix beaucoup trop cher pour le service rendu. Le scandale des facturations téléphoniques qui a été mis à jour dernièrement par la direction de la concurrence n’est que la partie immergée de l’iceberg. Dans l’eau les surfacturations sont toujours d’actualité et il ne faudrait pas chercher longtemps pour trouver des prix complètement prohibitifs. L’UFC-Que Choisir, en s’appuyant sur un comparatif technique des réseaux de différentes communes de France, affirme que le prix de l’eau en Ile-de-France est surévalué de 50%, rien que çà !

Donc, sur le long terme, la privatisation des services publics n’amène rien au consommateur final : il paie toujours trop cher au privé au lieu de le payer à l’Etat.

De plus, les capitaux des entreprises privées de cette taille sont soumis aux mouvements boursiers. Et si dans un premier temps, l’Etat peut choisir les actionnaires à qui il confie la gestion des entreprises « sensibles », après quelques années d’exercice, il n’exerce plus aucun contrôle. Surtout dans le monde actuel où l’argent n’a plus de frontières. Ainsi, dernièrement on a vu le gouvernement français jouer aux funambules pour sauver Suez et donc une partie du réseau d’eau français des mains des capitalistes italiens, ou encore le président de la République intervenir personnellement pour envoyer un coup de semonce à l’ex-pdg de Vivendi JM Messier pour qu’il évite de vendre aux capitalistes allemands le réseau d’eau de la Générale des Eaux alors qu’il tentait de sauver son entreprise de la faillite suite à la chute de son cours de bourse. Car le monde de la finance est impitoyable. Aujourd’hui les actionnaires imposent un rendement de leurs capitaux de 10% par an minimum. Mais dans une entreprise dont la vocation est le service public, c’est une équation insoluble. En effet, l’eau, l’énergie et le transport ne sont pas des biens de consommations comme de l’électroménager ou de l’informatique. Après avoir rationalisé la production dans les premières années, ce qui signifie en règle générale une économie sur les achats et le personnel, quelles sont les autres sources de profit ? Comme il est impossible d’inventer un nouveau produit révolutionnaire (l’eau sera toujours de l’eau !) , il s’agit donc bien souvent de faire une croix sur la recherche-développement, de presser comme un citron le budget sécurité au point de mettre en danger les salariés et indirectement les « clients », ou encore d’augmenter les prix de vente (car le client captif d’une fausse concurrence reste une vache à lait). Finalement, après la « création de richesse » initiale, l’entreprise tend rapidement vers la croissance nulle. Elle n’a plus d’autre choix que de vouloir devenir plus grosse que le bœuf par croissance externe (après l’eau, allons-y pour l’énergie, y compris l’énergie nucléaire, soyons fous ! ou bien encore allons nous implanter dans les pays en voie de développement qui n’y voient que du feu !) et/ou de mettre en danger les citoyens en flirtant régulièrement avec la ligne jaune/rouge de la sécurité des installations.

Donc il faut admettre de payer « un peu trop cher » un service public tel que l’eau ou l’énergie à l’Etat car dans les deux cas, leur approvisionnement est vital pour la survie d’une famille. En hiver par –20°C, un bébé ne survit pas très longtemps dans une maison non chauffée ; de même en été, dans un appartement sans eau par +30°C, sa vie est également compromise. Autrement dit, la sécurité a un prix. Et une sécurité sur tous les plans : qualité du matériel, qualité du service et aussi paix sociale, car une grève pour des revendications salariales ou autres dans ces secteurs est catastrophique. De plus, si EDF, entreprise publique française, se retrouve à la fin de l’année en excédent, tout citoyen est en droit de penser que ce n’est pas scandaleux. Sous la responsabilité de l’Etat, l’excédent ne sortira pas du pays pour aller financer la résidence secondaire du PDG aux Bahamas, ou ne sera pas investi de façon hasardeuse pour aller acheter des entreprises vaseuses à l’étranger. Quoique, en France, malheureusement, le scandale du Crédit Lyonnais est là pour prouver le contraire. Mais que ceci serve d’exemple ! De telles entreprises stratégiques, pourraient être soumises au contrôle du peuple, en publiant ouvertement ses comptes chaque année et en les soumettant au Parlement qui approuvera ou non le bilan comptable. En cas de bénéfices, l’argent sera réinvesti dans le même secteur d’activité, ou ailleurs, peu importe. Assimilable à de l’impôt indirect, cet argent pourrait être affecté aux priorités de la nation.

Un autre cas de délégation de service public complètement raté est également dans tous les foyers français : c’est la télévision. Et ce cas est caricatural à l’extrême à mon sens. A l’origine, la télévision n'était qu’un objet matériel utilisé et géré par l’Etat pour informer, éduquer et accessoirement divertir la population. C’est effectivement un formidable outil à créer du lien social, que le président ou le gouvernement utilise encore aujourd’hui à discrétion pour délivrer un message fort à la population. Néanmoins, après quelques années de privatisation anarchique (présentée à l’origine comme bénéfique à tout le monde !), on observe une chute vertigineuse de la qualité des programmes offerts aux citoyens. Les objectifs initiaux sont partis aux oubliettes : l’information s’est transformée en spectacle, les programmes éducatifs ont disparu même s’il reste quelques vestiges au milieu de la nuit et seul reste le divertissement, et encore, il faut avoir le rire facile. Paradoxalement, pour avoir un programme télévisé de (meilleure) qualité, il faut désormais payer et payer cher. La privatisation qui devait apporter monts et merveilles n’a fait que créer ou renforcer des fractures dans la population en fonction de leurs revenus. Car ce qui motive les patrons de chaîne, c’est la fameuse création de valeur de 10% par an pour satisfaire les actionnaires. Et pour cela ils sont prêts à toutes les folies : la télé-réalité, les télénovelas bas de gamme … Et ce n’est que le début. Il est certain que poussé par l’appât du gain, les prochaines émissions deviendront de plus en plus choquantes et dégradantes. Certes, c’est moins grave que de faire exploser un réseau de gaz ou une centrale nucléaire, encore que, des études montrent que chaque année 700.000 agressions, 70.000 viols et 100.000 homicides seraient évités sans la télévision aux Etats-Unis ! Et le dinosaure de la télévision publique française ne résiste pas : elle sombre un peu plus chaque année dans le « gore » et le « trash », même si elle augmente en parallèle la taxe des citoyens tous les ans ! Car la spirale est infernale et une fois le loup dans la bergerie, il est difficile de l’en sortir !

Ainsi, il est important de stopper dès maintenant les apprentis sorciers bruxellois qui nous préparent les grandes catastrophes sanitaires et industrielles de demain. Chacun doit garder à l’esprit l’intérêt premier de l’espèce humaine comme toute espèce animale sur terre : sa survie. Pour gérer les services publics, il faut créer un autre modèle d’entreprise que celui du « tout état » ou du « tout argent » : appelons-le « l’entreprise citoyenne ». Prenons ce qu’il y a de bon dans le privé : la rationalisation des moyens de production en encourageant l’implication des salariés et en les récompensant financièrement en cas de réussite et en les sanctionnant en cas d’absence de résultats. Et ce qu'il y a de bon dans le public: la gestion à long terme, la garantie de la sécurité, l'accès du service à tous. Les moyens existent, la méthode, le système, les règles du « jeu » restent à inventer. De même que rien n’est entièrement noir ou entièrement blanc, il y a un juste milieu entre un communisme obscurantiste et esclavagiste et un ultra-libéralisme mondialisé et incontrôlé. C’est aux citoyens de résister, de se lever et de créer un autre monde.

Sunday, April 09, 2006

CPE: le grand gâchis

Vu de ma fenêtre de cadre moyen d’entreprise privée et célibataire, tout ce remue-ménage autour du CPE relève d’un immense gâchis. J’ai vraiment l’impression que des ronds-de-cuir plus ou moins fonctionnarisants ont voulu s’occuper un bon matin du problème de l’emploi en France et le régler d’un trait de crayon comme s’il s’agissait de changer une simple pièce dans un moteur de voiture en panne. Or vouloir diminuer ou éradiquer le chômage en France est un vaste chantier auquel aucun gouvernement ne s’est réellement attaqué depuis plus de 30 ans.

Malheureusement, en lisant la presse, je ne vois que des querelles partisanes, les uns s’appuyant le nombre élevé de manifestants dans la rue, les autres revendiquant au contraire le nombre élevé de salariés qui ne disent rien et qui sont donc consentants (car « qui ne dit mot consent » c’est bien connu). Pourtant, je pense que même si la jeunesse est certes quelque peu manipulée, tous ces jeunes ont bien des parents, qui eux éprouvent des souffrances au travail à mon avis et c’est pourquoi les étudiants ont tout de suite réagi à l’annonce du CPE, mesure d’une part particulièrement injuste à leur égard il faut bien le reconnaître et d’autre part adoptée dans l’urgence et de manière très autoritaire, voire dictatoriale.

Il y a une dizaine d’années, alors que je sortais des études et que je me suis « heurté » (le mot est faible) au marché de l’emploi, j’étais scandalisé par les manifestations anti-CIP. J’avais alors écrit aux principaux médias pour tirer le signal d’alarme car, lorsque l’on est Bac+8 (Ingénieur-Docteur) et que l’on reste plus de 6 mois au chômage après avoir envoyé entre 500 et 1000 lettres de candidature, il y a de quoi s’inquiéter sur l’état de santé économique du pays.

A l’époque, je me faisais une idée merveilleuse de l’entreprise et je gobais béatement les paroles des patrons que l’on entend encore à droite à gauche aujourd’hui: « pourquoi voulez-vous que je licencie si mon activité marche bien ? ». Je croyais donc naïvement à la lumière de ce que je ressentais lors des entretiens, que c’était la « peur de licencier » qui freinait l’embauche et je maudissais le code du travail français et appelais de mes vœux un système à l’anglo-saxone.

Aujourd’hui, une dizaine d’années plus tard, après 3 entreprises (« grands » groupes>1000 salariés), deux licenciements et une démission, je suis beaucoup moins affirmatif.

Tout d’abord, la « peur de licencier » n’existe pas chez les « grands » groupes (plus de 1000 salariés) : elles ont des juristes, internes et/ou externes, spécialistes du code du travail et leur management est très bien formé au « harcèlement moral ». Dans ce cas, plutôt qu’un CPE, il faudrait simplement introduire la notion de licenciement négocié dans le code du travail, et si possible avec des indemnités conséquentes car ces entreprises ont les moyens et elles négocient par « confort » ou à la « tête du client ». Un mois de salaire d’indemnité par année d’ancienneté me semblerait un minimum. Cette notion de licenciement négocié éviterait les longs mois d’attente où l’on se regarde en chiens de faïence, les nerfs à vif. Et si vous n’avez pas une mentalité de sportif type « joueur d’échecs », vous pouvez vous retrouver très vite à l’asile, voire pendu au bout d’une corde.

J’ai aussi été licencié suite à un grave accident de sport qui m’a valu un arrêt de travail de 6 mois. Dans ce cas j’ai bien apprécié le CDI, car sans couverture sociale, bonjour l’angoisse ! Et si le CPE devait se généraliser, je prédis sans me tromper une chute vertigineuse des pratiques sportives dans en France avec comme conséquence par exemple des cohortes de maladies cardio-vasculaires à long terme (la Suisse, très sujette aux accidents de ski a conduit des études intéressantes à ce sujet … à méditer). Il faudrait donc à mon avis dissocier la couverture sociale et l’entreprise : chaque salarié devrait pouvoir librement cotiser à une mutuelle (indispensable aujourd’hui car la Sécurité Sociale rembourse de moins en moins : 60% dans le cas de mon accident par exemple !) en fonction de sa situation de famille, de ses loisirs, etc …

Mais les méthodes de harcèlement n’ont pratiquement pas cours chez les « petits » patrons. Donc, pour eux, le CNE semble tout à fait adapté. Ainsi je suis très étonné du faible nombre d’emplois qu’il a engendré depuis sa mise en oeuvre. Il serait important d’en étudier les causes : est-ce la rémanence de la « peur de licencier » qui subsiste après 2 ans ? Est-ce la méconnaissance de l’existence de ce type de contrat ? (Je n’ai pas entendu beaucoup de campagnes de publicité à la télévision, en tout cas moins que pour le 118 …). Ou est-ce, et ce serait plus grave, tout simplement parce que le niveau d’activité est tellement faible qu’il n’y a pas de création de postes ?

De plus, au cours de mon expérience professionnelle, j’ai aussi découvert ce que l’on pourrait appeler le « pillage intellectuel » du salarié. Chez mon dernier employeur, dans le secteur informatique, je suis resté 7 ans sans formation. Et pourtant il s’agit d’une filiale d’un grand groupe français ! Aujourd’hui quand je regarde les annonces, je m’aperçois que les entreprises cherchent des moutons à 5 pattes, des ingénieurs qui connaissent une multitude de langages informatiques, voire également plusieurs langues étrangères, et si possible une expérience de management de projet ! En informatique, ce type d’annonce profite surtout aux jeunes, car ce sont les seuls à être « up-to-date » en sortant de l’école et qui acceptent de travailler pour de « petits » salaires. Il est donc également indispensable de créer un droit à la formation qui soit attaché au salarié, indépendamment du bon vouloir de l’entreprise car certaines d’entre elles se fichent pas mal du devenir de leurs cadres !

Ainsi, ce que je n'admets pas c'est la remise en cause du système éducatif français. Non, non et non, cette crise n'est pas la faillite de l'Education Nationale ! Seul Claude Allègre défend les universités et il a bien raison. Même si je suis très loin d'être riche, je dois tout à l'école républicaine, et en particulier ma formation intellectuelle qui vaut bien plus que des euros, surtout quand j'observe la hauteur des débats actuels. Et dans mon travail je vois toujours plus de nouvelles technologies autour de moi s'immiscer un peu partout y compris dans les secteurs d'activités les plus improbables. Or pour certains techniciens formés « sur le tas » il y a « assez longtemps », manipuler un ordinateur ou un Pocket PC, ce n'est pas simple. Donc je ne suis pas du tout d'accord avec la nécessité de réduire les effectifs dans les universités ou de prôner l'apologie des filières professionnalisantes dès que possible, voire dès 14 ans ! C'est aller à contresens de l'évolution de la société. Et ce qui est inadmissible c'est l'apathie des entreprises face à ces évolutions ou ces révolutions technologiques : en fait elles ne font aucun effort pour accompagner leurs salariés et elles préfèrent débaucher pour embaucher des jeunes frais émoulus des écoles ou des universités justement ! Quant aux "exclus" du système éducatif, c'est aux entreprises de jouer le rôle de "l'école de la deuxième chance". D'ailleurs quand elles en ressentent la nécessité, elles n'hésitent pas à investir et à s'organiser: j'ai moi-même bénéficié de la vague des "informaticiens de l'an 2000" et je suis resté 3 mois au SMIC au statut non-cadre pendant le temps de la formation. Il n'y a donc pas besoin de CPE ou de pseudo-CIP !

De la même façon, ces entreprises qui aujourd’hui prônent la flexibilité à l’anglo-saxone sont-elles prêtes à changer de mentalité vis-à-vis des CV des cadres ? Aux Etats-Unis, un cadre peut très bien, pour combler un vide, être chauffeur de taxi pendant quelques mois. Ce n’est pas honteux. Combien d’entreprises françaises sont réellement prêtes à embaucher un cadre qui a un « trou » dans son CV ? Elles ont déjà des a priori sur le lieu de résidence ou la couleur de peau, alors un ingénieur qui a ramassé les poubelles pour nourrir sa famille, pensez-vous ! C’est nécessairement un raté ! Et on ne sait jamais, si d’aventure il y avait encore des odeurs qui traînent au bureau …. Alors la flexibilité en France, d’accord, mais avant il faudrait engager un sacré lavage de cerveau chez les DRH !

Enfin, le taux élevé de chômage dans la société française a des effets extrêmement pervers que personne n’a encore osé mesurer à ma connaissance. De nos jours les salariés s’accrochent à leurs postes comme des morts de faim, surtout les personnes « entre deux âges » qui ont une famille à charge. Je ne compte plus autour de moi les cadres frileux, obséquieux, méfiants qui n’ont qu’un seul objectif en tête : conserver leurs acquis. Du coup il s’installe chez eux une réticence au changement digne des temps moyenâgeux de l’inquisition. Si vous émettez une idée nouvelle susceptible de changer leurs habitudes, ils vous soupçonnent de vouloir les torpiller pour mieux prendre leur place ou encore tout simplement ils n’ont pas envie de risquer une réprimande de leur chef en cas d’erreur. Du coup rien ne bouge, dans le public comme dans le privé ! C’est un comble ! Il suffit pour mieux s’en rendre compte d’écouter les interviews des expatriés (jeunes il est vrai pour la plupart) de Londres, de Dublin ou d’ailleurs qui vantent comme première qualité : l’ambiance au travail ! C’est pourtant quelque chose d’évident, de facile à créer dans une entreprise privée ! Et bien en France, l’ambiance générale est triste voire sinistre.

En conclusion, je suis très étonné du niveau général très faible des débats que l’on entend dans les médias que ce soit la presse, la radio ou la télévision. Le propos est tout de suite porté sur le plan politique par les journalistes et les intervenants. J’ai écrit 3 fois au Figaro en essayant de leur montrer à quel point le sujet est à la fois grave et important, mais rien à faire, tous les articles continuent à être écrits par des personnes qui ne connaissent pas le monde du travail et qui préfèrent jouer des jeux de politiciens de salons. Les propos tenus par le MEDEF sont également très décevants : Mme Parisot défend surtout les patrons et non l’entreprise et encore moins les cadres. Pourtant, sans enlever le rôle important d’un chef, une entreprise c’est avant tout une équipe à mon avis, et bien que cadre, je trouve souvent les propositions de la CFDT plus pertinentes et plus pragmatiques que celles du MEDEF. Le problème de l’emploi en France vaut mieux qu’une « mesurette à deux francs » pour les jeunes. Aujourd’hui toutes les catégories sociales, toutes les catégories d’âge sont concernées par l’emploi et le non-emploi. Il faut parler clairement de la formation professionnelle, des délocalisations et de l’Europe, des contrôles aux frontières et de l’immigration, des salaires et du pouvoir d’achat voire également du financement de la sécurité sociale. Tous ces sujets sont liés et le pays a besoin d’une formidable mobilisation autour du combat contre le chômage. Aussi je fais le vœu que les citoyens, les salariés et les cadres soient davantage écoutés par nos « chers » politiciens ! Car pour des hommes politiques audacieux, le sujet est palpitant, c’est un vrai challenge à relever !

Le train de vie de l'Etat français ...

Le 19 Mars 2006, la chaîne M6 a diffusé un reportage édifiant sur les trains de vie des dirigeants politiques dans différents pays européens. Notamment la comparaison entre la France et la Suède a de quoi nous faire vomir nos politiciens.

En Suède, les ministres ont des salaires autour de 4 à 5000 Euros par mois, se déplacent comme tout citoyen en train ou en voiture et se font même parfois récupérer à la gare par leurs hôtes pour économiser le taxi. Ils mangent à la cantine, paient eux-mêmes leurs repas ainsi que leurs factures de téléphone et leurs notes de frais sont strictement contrôlées. Leurs secrétaires ont leurs numéros de portable accessibles à tout citoyen sur Internet et chacun est en droit de poser une question sur tel ou tel événement dans le pays. Récemment une ministre qui avait pourtant « le vent dans le dos » pour accéder aux plus hautes fonctions de l’Etat a du démissionner et a vu sa carrière s’arrêter net parce qu’elle avait utilisé sa carte bleue professionnelle pour des dépenses personnelles, et ceci bien que toutes ses dépenses aient été intégralement remboursées !

Bref, la vie d'un cadre moyen d'entreprise privée en Europe, quoi !

En comparaison nos ministres français ont des salaires de base de 15000 euros par mois, roulent en voiture avec chauffeur sans respecter le code de la route, ont des chefs-cuisiniers attitrés (si si !), n’ont aucun contrôle sur leurs notes de frais, se permettent des travaux à titre personnel avec l’argent public dans leurs logements de fonction pourtant classés « monuments historiques ». Que dire d'un pareil tableau ? Ils ont réellement l’allure de bandits de grands chemins.

Comment peuvent-ils ensuite oser demander des efforts aux citoyens ? Comment imaginer être crédible dans des discours envers le peuple dont 50% gagne en-dessous du SMIC ou à peine plus ? Si de réels efforts de modernité et de « serrage de vis » ne sont pas faits dans les années qui viennent aux plus hauts niveaux de l’Etat, nous allons droit à la faillite annoncée de la République… car le peuple est conciliant mais n'est ni stupide, ni aveugle ...

Arte existe, mais pour qui ? est-il possible de revenir à une télévision culturelle et populaire ?

Oui, c'est tout à fait possible à mon sens. Encore faut-il ne pas partir sur le modèle d'Arte, chaîne dite culturelle mais qui ne s'adresse qu'à des "élites" et notamment aux nostalgiques de la seconde guerre mondiale ou à ses victimes. Je n'ai jamais rencontré quelqu'un qui regardait Arte avec enthousiasme, que ce soit en France ou en Allemagne. Et comble du cynisme, le directeur de la chaîne lui-même revendiquait récemment cet élitisme lors d'une interview sur Europe 1. Il est satisfait de ne s'adresser qu'à 2 ou 3% de téléspectateurs (et encore en France, car en Allemagne la chaîne atteint péniblement 1% ! Et il n'est pas garanti que ce ne soient pas des expatriés français !). Ce directeur est coopté par le pouvoir en place, le peuple ne le choisit pas.

S'il s'agissait d'une chaine privée à péage, peu importe, mais ce qui est aggravant ici, c'est qu'il s'agit de l'argent de nos impôts! Le budget de la chaîne atteint 200 millions d'euros par an ! Or la culture populaire existe ! C'est même le peuple qui est la raison d'être de la culture, il ne faut pas l'oublier ! En considérant par exemple le théâtre comme la préhistoire de la télévision, des auteurs comme Shakespeare ou Molière ont joué certes devant les cours royales, mais aussi pour le peuple. Et celui-ci comprenait parfaitement le sens des pièces de théâtre qui étaient truffées d'ironie. Ainsi les scènes comiques ou tragiques n'oubliaient aucune catégorie sociale.

On objectera que le peuple demande à entendre des injures et à voir du sang et du sexe. Mais y a-t-il une scène obscène ou violente dans les pièces de Molière ou Shakespeare ? Aucune bien sûr. Les crimes sont suggérés, les amours poétisés. Et tout ceci dans un langage simple et accessible, sans grossièreté. Non, ce n'est pas en rajoutant des injures à tour de bras dans les scripts ou des actrices aux seins nus que l'on rend un film "populaire". Agir ainsi c'est insulter le peuple, le rabaisser plus bas que terre.

Il est possible de créer des programmes qui intéressent les citoyens, mais pour cela il faut accepter les débats de sociétés sans parti pris, informer avec objectivité et divertir sans humilier. Donc oui à une télévision culturelle et populaire, faite par des gens issus du peuple et jugés par lui.

Thursday, April 06, 2006

La déchéance de Whitney Houston !

La vie de la superstar Whitney Houston, idole des années 1980 et 1990 aux 100 millions d'albums vendus, a basculé dans le sordide. Accroc à la drogue, la chanteuse de 42 ans, mère d'une fille de 13 ans, est aujourd'hui méconnaissable. Elle disparait dans des quartiers miteux pendant des jours ou des semaines à la recherche de ses doses quotidiennes ou invite allègrement des dealers chez elle. Elle passe son temps dans sa salle de bains au milieu de détritus à se masturber avec des sex-toys. Elle croit voir des démons partout et en arrive à s'auto-mutiler sans s'en rendre compte. Nous sommes loin de l'actrice héroine de Bodyguard avec Kevin Costner, film vendu à 37 millions d'exemplaires. Aujourd'hui la famille et les amis craignent une mort par overdose (The Sun, 29/03/06). Whitney a décidément besoin d'un garde du corps !

Que ceux qui font l'apologie de la drogue et des paradis artificiels méditent cet épisode tragique de cette artiste aux multiples talents. N'est-ce pas Mr Ardisson ? Tout le monde en parle, pourquoi pas vous ?


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Après: